Antoine Parodi




En images


Une planète plus verte, un monde plus juste
 

vendredi 31 octobre 2008

Environnement et écologie : le PS complice de l'UMP ?

L'information est finalement passée relativement inaperçue, mais le Parti socialiste a donné un signe clair de son orientation, en votant pour la loi Grenelle I.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le PS pratique une opposition systématique sur tous les grands sujets débattu au Parlement.

Ainsi, avec la réforme constitutionnelle. Le PS a voté contre, espérant bloquer le texte, alors même que ce dernier apportait de nombreuses modifications demandées par les socialistes durant la campagne électorale.

Dernièrement, on a noté que le PS a refusé de voter « pour » le sauvetage du système bancaire français, non pas parce qu'il aurait été opposé à l'injection d'argent dans les banques, mais parce qu'il ne fallait pas donner un blanc-seing à la politique de l'UMP qui ne change pas. Position honorable au demeurant.

Mais, avec la loi Grenelle I, le PS change de stratégie et surprend tout le monde en votant pour. Le communiqué officiel parle d'un « oui, mais ».

Je trouve ce choix incohérent et révélateur.

Incohérent, parce qu'il entre en rupture avec la ligne de conduite du PS depuis un an et demi, sans que cela ait été réellement visible pour l'opinion. Au fond, l'argumentation utilisée lors du débat sur le plan de sauvetage bancaire aurait pu être copié-collé lors du débat sur le Grenelle : l'écart entre les mots et les faits, les reculs nombreux de l'UMP entre les engagements du Grenelle de l'an dernier et les textes soumis au vote pouvaient largement justifier, a minima, une abstention.

Allons plus loin. Ce « oui, mais » est révélateur de la considération réelle des socialistes pour les sujets fondamentaux de notre siècle : les questions écologiques ne sont pas considérées comme suffisamment clivantes pour mériter une prise de position distanciée par rapport au discours de l'UMP.

La réforme constitutionnelle ou le plan bancaire sont des sujets tout de même plus nobles pour refuser de pactiser avec la droite ! L'environnement, c'est déjà moins intéressant.

On pourrait même penser que les socialistes sont d'accord avec les reculs de l'UMP. L'absence du nucléaire du projet de loi, les reculs sur le développement du réseau routier, sur la limitation des pesticides, sur les normes écologiques dans les logements neufs et rénovés, étaient autant de motifs justifiés pour dire « non, même si », plutôt que « oui, mais ».

Et si la loi Grenelle était la seule loi que le PS aura voté avec l'UMP de toute la mandature ? Cela nous rappelera avec nostalgie et tristesse le mot d'ordre « On ne fera pas d'écologie sans les écologistes » lancé par les Verts durant la campagne présidentielle de 2007...


Un jour, une action : nos amis les ficus

Durant l'attente à la poste, je jette négligemment un oeil sur l'écran qui diffuse spots et mini-reportages.

Séquence environnement intitulée "Un jour, une action"

On y apprend que l'air intérieur de nos maisons est rempli de formaldéhyde, une substance chimique hautement cancérigène, qui dérègle également le système endocrinien. Cette substance est notamment présente dans nos meubles en "bois", dans les panneaux d'agglomérés.

Ikéa et Confo, c'est bien, c'est pratique, c'est pas cher, mais c'est juste ultra-polluant !

Notre reportage de la poste a trouvé la solution miracle à ce grave problème de santé publique, largement minoré en France par rapport à d'autres pays européens.

Supprimer ces substances ? Modifier les méthodes de construction de meubles ?

Non ! Installez des ficus chez vous ! Ces plantes miracles ont la bonne idée d'absorber le formaldéhyde !

Mon avis : Un jour, une action : le magazine de l'écologie en aggloméré !

Je ne sais pas pour vous, mais l'idée qu'il y a derrière un nom de séquence pareil, c'est que si on fait tous quelque chose chaque jour, notre planète ira mieux. Idée parfaitement fausse, voire stupide.

Le type qui dirait une phrase du type "si chaque jour, on donne tous 1 € à un pauvre, on peut supprimer la pauvreté en France !" passerait pour un authentique crétin !


jeudi 23 octobre 2008

400 000 € "vroum-vroum"

Nous avions dit celà en mai dernier :

"On nous propose la réalisation d'un nouveau giratoire à Noisiel (sur le Cours de l'Arche Guédon en limite avec Torcy). Le seul argument aujourd'hui entendu est : l'arrivée de 46 pavillons rend encore plus impérieuse la nécessité de fluidifier le trafic à cet endroit.

Plusieurs remarques s'imposent :

La France possède le nombre le plus élevé de rond-point d'Europe, et notamment les villes récentes comme les nôtres. Pourtant, l'accidentologie des autres pays ne semble pas fondamentalement liée à la présence ou non de giratoires.

Le trafic est déjà fluide sur le Cours de l'Arche-Guédon, sur l'intégralité de son parcours noisiélien. Il n'y a JAMAIS d'embouteillage sur ce tronçon.

L'arrivée de 46 nouveaux logements va provoquer l'arrivée de moins de 100 nouveaux véhicules, en considérant que chaque logement en comptera deux. Sachant que le Cours connaît un trafic journalier d'environ 2 à 3 000 véhicules, cela constitue une augmentation marginale.

La présence d'un feu tricolore est en soi une garantie de régulation du trafic et de ralentissement des véhicules. L'arrivée d'un giratoire ne rendra pas les traversées piétonnes plus sûres, et peut-être les rendront-elles moins sûres, parce que le trafic ne s'arrête jamais vraiment sur un rond-point. L'exemple du carrefour Jean-Paul Sartre/Salavador Allende le montre.

La superficie du rond-point va inévitablement rogner sur les pistes cyclables et les cheminements piétons, sans parler du ralentissement des bus. A l'heure du Grenelle de l'environnement, belle option. Qui est d'ailleurs en contradiction avec le Code de l'environnement, qui stipule que toute rénovation de voirie doit prévoir des cheminements piétons satisfaisants.

L'opportunité du projet n'est pas démontrée. S'il y avait absolue nécessité d'installer un rond-point à cet endroit, pourquoi ne pas en proposer un 150 mètres plus haut, au Carrefour avec l'avenue de la République/avenue Jean Jaurès, et de la sortie de la Mare-Blanche, qui connaît un trafic pourtant bien supérieur.

Est-il vraiment nécessaire d'engager des travaux destinés à rendre plus "facile" l'usage de la voiture, alors que ce mode de déplacement sera marginal dans les années à venir, puisque les coûts en carburants et la raréfaction des ressources en matières premières rend la voiture non concurrentielle, surtout sur courtes distances ? Le carburant atteint déjà les 1,5 euros le litre, et dépassera les 2 euros l'année prochaine…

Nous voterons bien évidemment contre ce projet qui va engloutir 400 000 euros d'argent public."

Rassurez-vous, cet argumentaire a totalement été ignoré par la majorité socialiste et communiste, suscitant même une certaine hilarité de la part de nos collègues.

Les travaux commencent dans quelques jours. Vivement l'inauguration du rond-point, le cocktail devrait être sympathique !


mercredi 22 octobre 2008

"D'un point de vue technologique, c'est un grand pas en avant !"

"D'un point de vue technologique, c'est un grand pas en avant !"

Cette phrase était prononcée dans un jeu vidéo de la console que j'avais étant plus jeune, à chaque fois que l'on arrivait à faire évoluer le monde que l'on contrôlait. Il s'agissait très classiquement de développer un château à travers les âges, en obtenant à chaque fois des possibilités nouvelles et des armements nouveaux, pour conquérir un territoire.

"D'un point de vue productiviste, c'est un grand pas en avant !"

On pourrait prononcer cette phrase à propos du Val-Maubuée, après l'ouverture quasi-simultanée d'un magasin Decathlon et du 63ème KFC (Kentucky Fried Chicken) de France.

Je n'ai rien contre ces deux enseignes, même si la critique de la société où produits de consommation, alimentation, loisirs et détente passent systématiquement à travers une logique marchande, standardisée, embalée sous plastique, asceptisée.

On a donc Decathlon. 7 500m² de hangar aménagé (sans norme écologique du point de vue de la construction, entraînant des charges de fonctionnement importantes), avec un grand parking autour.

On a donc KFC. 450m² d'espace de restauration (sans norme écologique du point de vue de la construction, entraînant des charges de fonctionnement importantes), avec un grand parking autour.

Le parking est indispensable, puisque ces deux enseignes se situent à 20' à pieds de la station RER la plus proche, et à 15' à pieds du centre ville de Lognes. En revanche, le Leroy-Merlin est en face de la 2x2 voies (avec fleurissement sur le terre-plein central). L'autoroute A4 est en contrebas du talus.

La quasi totalité des élus du secteur est content de ces deux ouvertures. Au nom de l'emploi bien sûr, puisqu'on parle là de 150 à 200 embauches de jeunes. Au nom du "développement économique", expression qui recouvre dans les faits essentiellement le taux d'évolution des bases de taxe professionnelle sur un secteur. Au nom du remplissage des zones d'activités.

Pendant ce temps, d'autres villes de France et d'Europe font d'autres choix. Celui d'un développement économique fondé sur des logiques de bassins d'emplois, d'intégration des filières, de circuits courts de production et de consommation.

Mais pour celà, il faudrait choisir l'écologie ! En rejoignant par exemple l'appel au rassemblement des écolos à travers les liste Europe écologie.


vendredi 17 octobre 2008

Conscience écologique - 2

Ce matin, en sortant mon chien, je remarque face aux quelques marches de l'entrée de mon immeuble un véhicule utilitaire vert, moteur allumé, dont le conducteur est à l'intérieur en train de lire un manuel, genre mode d'emploi.

Je remonte chez moi, et redescends cinq minutes après avec mon fils pour l'emmener à la crèche. Le véhicule vert est toujours là, toujours moteur allumé. Le type à l'intérieur fume maintenant une cigarette.

Un gros quart d'heure plus tard, je reviens de la crèche. La camionette verte stationne encore, toujours moteur allumé. Le conducteur est en pleine lecture du journal, qu'il accompagne d'une nouvelle (énième ?) cigarette !

Au moins une demie-heure le moteur allumé à l'arrêt !


jeudi 16 octobre 2008

Elections fédérales canadiennes : nette progression des Verts

Les Canadiens votaient mardi 14 octobre pour élire leur Parlement fédéral, suite à la dissolution de la Chambre prononcée début septembre par le premier ministre conservateur Stephen Harper, qui ne gouvernait avec la plus faible majorité relative de l'histoire du Canada (à peine 40% des sièges).

Avec une participation historiquement basse, le parti conservateur s'en sort bien, en obtenant 38% des voix et 46% des sièges. Le parti libéral, principal parti d'opposition, baisse légèrement au profit du NPD (Nouveau Parti Démocratique, centre gauche) et des Verts, qui passent de 4,5% à 6,8% des suffrages. Le Bloc Québequois se maintient à 10%.

La progression des Verts est le principal événement de cette élection. Tout au long de la campagne, partant de leur étiage habituel (autour de 3-4%), ils sont parvenus à se mettre au centre de l'élection, tout comme les enjeux écologiques.

La question de la mise en place d'une taxe carbone sur les activités pétrolières a été fortement débattue. Seuls les Verts et le Parti libéral y étaient favorables. Une telle taxe aurait des conséquences importantes dans plusieurs régions, notamment en Alberta, où l'exploitation de plus en plus massive des schistes bîtumeux pose des problèmes écologiques considérables.

L'autre facteur de progression des Verts a été la grande médiatisation de leur leader, Elizabeth May, qui a obtenu 32,2% des voix dans sa circonscritpion de Nouvelle-Ecosse (proche de la frontière avec l'Etat du Maine aux Etats-Unis). Un score malheureusement insuffisant pour battre le candidat conservateur (46,6%).

Les Verts dépassent les 5% des voix dans les deux-tiers des circonscriptions. Seul le Canada francophone semble résister à leur progression.

>Tous les résultats sur le site officiel du gouvernement fédéral.

>Les Verts canadiens ont un chef ! La preuve ici ! L'expression de chef de parti est courramment utilisée au Canada par les francophones, de manière purement fonctionnelle. Les organisations ont un/des leader(s), c'est tout. On devrait peut-être davantage assumer celà en France, chez les Verts notamment.


mercredi 15 octobre 2008

Les voitures "propres" parlent aux Français

Si vous avez lu quelques articles relatifs au Mondial de l'Automobile, qui se tient jusque dimanche à Paris, vous n'avez pas pu échapper au marronnier de cette année, la "voiture propre".

On a ça :

"Dodge ZEO Concept

Supercar électrique, le concept car Dodge ZEO (pour Zero Emissions Operation) cumule les superlatifs. Développant près de 270 chevaux, il est capable de parcourir jusqu’à 400 km, il abat le 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes et avoue une vitesse de pointe politiquement incorrecte de 400 km/h. Le style est à l’avenant avec des passages de roue aux excroissances frisant la caricature et quatre portes en élytres à ouverture antagonistes."

Ou bien ça :

"MITSUBISHI I MIEV

Dans le cadre de son programme environnement, la fi rme japonaise expose la dernière évolution de la i MIEV, une citadine électrique de 3,39 m. Ce véhicule zéro émission dont le lancement est prévu en 2009 au Japon dispose d’un moteur électrique compact alimenté par des batteries lithium-ion qui se rechargent complètement sur le secteur en 7 heures. La vitesse de pointe est de 130 km et l’autonomie de l’ordre de 160 km."

Entendez par "propre", qui ne produit pas ou quasiment pas de CO2 en fonctionnant. Ce qui est déjà pas si mal, comparé aux moyennes des véhicules européens neufs lancés ces derniers mois (environ 7 à 8 litres au 100km). Mais mon esprit d'écologiste contrariant ne peut s'empêcher de penser immédiatement qu'une production instanée avec zéro carbone ne signifie nullement un bilan carbone global nul, sur l'ensemble de cycle de vie du produit.

On touche là la véritable impasse des théories sur la croissance verte et le développement durable. Parce qu'un produit comme une voiture, c'est intrinsèquement un bien anti-écologiste, quel que soit son mode de production. Une voiture nécessite un moteur pour une personne, n'est en mouvement que 5% de son temps de vie (le reste est du stationnement), requiert un réseau couteux en construction et en entretien (ce dernier poste occasionne près d'1 milliard d'euros de dépenses des collectivités locales chaque année !), utilise beaucoup de matières premières pour sa fabrication, sa commercialisation, son transport, son entretien, consomme une quantité énorme d'espace (les surfaces des routes du Val-Maubuée représente un peu moins de 10% de la surface des six communes de l'agglomération !).

Et puis, il y a le problème des batteries. On trouve encore peu de références sur le sujet, mais deux théories semblent s'opposer. D'un côté, les béats du lithium, qui explique que le lithium, principal composant des batteries (de portables, d'ordinateurs, de voitures électriques...), existe en abondance sur la planète, y compris dans les océans, et qu'il n'y donc pas de problème de rareté de la matière première. De l'autre, les lithium-sceptiques, qui rappellent que la production annuelle de lithium est déjà insuffisante pour faire face à la demande, ce qui a provoqué une multiplication par dix du prix du matériau depuis 2000.

Je passe bien sûr sur le problème douloureux de l'alimentation de ces superbes véhicules propres, je l'ai déjà traité ici.

Tout ça pour dire que les "voitures propres" restent sans réponse quand on cherche à creuser un peu le sujet, et à aborder en profondeur les graves questions de l'énergie, des déplacements, de la civilisation automobile.

Au moins, ça fait de jolies photos.


lundi 13 octobre 2008

Si ça vaut 4 fois plus, c'est moins cher !

Au milieu des turbulences financières, boursières et bancaires de ces dernières semaines, dont je vois les conséquences concrètes dans mon travail tous les jours, les prix du baril de pétrole baissent.

"Bon, ça va, ça redevient normal, la hausse brutale de cette année est terminée".

Voilà, en gros, le sens de la plupart des commentaires que l'on peut lire et entendre sur le sujet. Comprenez, avec le "ça va", que l'on va pouvoir continuer à vivre comme avant, notamment au sein de nos sociétés occidentales oléo-dépendantes, du tout automobile à l'alimentation industrielle.

Sauf que se réjouir, en creux, de la multiplication par 4 du prix du pétrole en cinq ans, c'est juste surprenant !

Que nous apprend la courbe ci-dessus ? Que le prix du baril a explosé depuis quelques années, et que les évolutions à deux ou trois mois ne changent pas une donnée de fond : le prix de la principale matière première de la planète augmente inexorablement. Si on devait calculer la pente de la courbe, elle serait orientée vers une hausse régulière et rapide.

La baisse liée au coup d'arrêt de la croissance économique mondiale, à commencer par celle des pays les plus riches, montre combien "croissance économique", "progrès", "développement" sont des notions cognitivement et matérielement liées à l'idée d'une augmentation de la consommation d'énergie.

C'est bien pour celà que je défends, pour le prochain Congrès des Verts, qui aura lieu à Lille, la motion "Urgence écolo ! Urgence sociale". Cette motion propose que les Verts assume enfin une évolution idéologique importante, celle du passage du développement durable et de la logique de la crémaillère à la décroissance solidaire.

Au tournant des années 2000, les Verts, devenu parti de gouvernement, au niveau local, régional, national et européen, se sont laissés enfermer dans la stratégie de la crémaillère, qui consistait à accepter toute avancée écolo, même si elle devait être lente, à condition de ne jamais reculer. Une bonne chose, sur le principe, mais qui a un effet pervers immédiat. On a du se contenter de bien peu au gouvernement, avec des socialistes et des communistes qui avaient par exemple largement déshabillé la loi Voynet sur l'eau en 2001-2002. Parallèlement à celà, Les Verts ont eu tendance à accepter plus facilement le green-washing, autour de la notion de développement durable, en ayant l'impression qu'une société s'emparant des thèmes écolos pourrait être une société plus écolo.

Or, c'est le contraire que l'on constate depuis quelques années. Les thèmes écolos y sont omniprésents, mais les réponses concrètes sont toujours productivistes, malgré l'écoblanchiment intensif. Depuis cinq ou dix ans, en France comme en Europe, la consommation d'énergie augmente, la consommation d'espace naturel augmente, la consommation de matières premières augmente, le nombre de voitures et de camions en circulation aussi, les atteintes à l'air, à l'eau, à la terre aussi.

Le développement durable, c'est acheter une canette et la jeter au tri sélectif, "en faisant un geste pour l'environnement". Les Verts ont trop accepté ce dévoiement de l'écologie, qui fait que tout le monde se revendique écolo sans changer réellement notre mode de vie, toujours aussi insoutenable.

La décroissance solidaire doit donc devenir l'orientation des Verts, de manière france, claire, revendiquée, assumée. La crise financière actuelle rappelle une nouvelle fois que la logique du "toujours plus", de la courbe orientée à la hausse, ça ne marche pas, ça finit toujours par exploser en vol.

La décroissance solidaire, c'est cette idée, toute simple, qu'il faut débarrasser notre société des habitudes de vie qui nous font "avoir la vie en rose, la vie qu'on nous propose, d'avoir des quantités de choses, qui donnent envie d'autres choses". C'est cette idée que la fin de l'inutile matériel doit être l'occasion de bâtir une société faîte de liens, pas de biens.

''Urgence écolo ! Urgence sociale !'' ça se passe ici. Et pour l'instant, ça se passe plutôt bien, puisque, étant partie en dernier, la motion arrive en troisième position en nombre de signataires, alors que plusieurs dizaines nous sont arrivés en retard.

Oui, décidément, ce Congrès sera un Congrès d'idée !


mardi 7 octobre 2008

"Je n'ai rien d'un Bisounours, Monsieur Demorand"

« Je n'ai rien d'un Bisounours. »

Cette phrase, Olivier Besancenot l'a prononcée sur un ton calme, avec une sonorité la plus neutre possible, masquant presque l'agacement qui montait en lui.

Il faut dire que Nicolas Demorand, qui le recevait hier matin sur France Inter, avait décidé d'être pénible.

« Pourquoi vous ne dissipez pas l'ambiguïté ? Pourquoi vous ne dîtes pas que l'arme, c'est le bulletin de vote ? »

Olivier Besancenot n'a pas voulu prononcer cette phrase, se contentant d'un « le bulletin de vote ne suffit pas ».

En réalité, le discours de Besancenot est ambiguë.

- Dès lors que l'on est révolutionnaire, on admet qu'il y a de la violence en politique ?

- Pas besoin d'être révolutionnaire pour ça. La violence est déjà là, regardez l'Etat qui envoie ses flics sur les manifestants, qui expulse les sans-papiers...

Argument malhonnête, puisqu'il confond violence légitime de l'Etat (ceux qui ont bossé Max Weber comprendront parfaitement la différence), avec la violence d'une prise de pouvoir « par la rue ». Or, l'une et l'autre peuvent s'égaler dans le dégueulasse, mais, en démocratie, il me semble hallucinant d'oublier qu'une politique d'usage poussé de la police, par exemple, reste fondé sur un choix démocratique qui est le vote majoritaire lors d'élections libres.

- Soit on prend le pouvoir par les urnes, et on est en démocratie, soit on fait la révolution et on admet la violence ?

- Non, les révolutionnaires ne sont ceux qui veulent le plus de violence. Les révolutionnaires sont pour une société où il n'y a plus de violence.

On a eu droit ensuite à Che Guevarra et à la Commune de Paris, qui serait un excellent exemple selon le porte-parole du NPA, de la manière dont « une majorité de la population fait irruption sur la scène politique ». En oubliant au passage que les élections de la Commune de Paris ont connu un taux de participation ridicule, dans un contexte d'un Paris vidé d'une partie de ses habitants et en guerre.

Mais, par chance, l'arme, ce n'est pas le bulletin de vote. « L'arme, c'est le nombre. Nous voulons la combinaison entre suffrage universel et démocratie directe »

Olivier Besancenot et Ségolène Royal, même combat ? Rassurez-vous, le premier a bien lu Trostky, et veut bel et bien construire l'élite avancée de la classe ouvrière.

Quand on en est, au bout de 10 minutes à être poussé dans ses retranchements par Demorand, à rappeler être pour les élections libres, la liberté de la presse, le multipartisme, c'est qu'il y a comme un malaise énorme.

Et si on a du mal à la dissiper, c'est qu'il est assumé.

 

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