Oui, on peut faire des rencontres intéressantes dans une cérémonie de vœux !
Mercredi dernier, je me suis rendu aux vœux du Conseil général de Seine-et-Marne, organisés cette année à Croissy-Beaubourg. Salle bondée, évidemment, et petites discussions.
Nature contre espaces verts
Le salut d'une ancienne connaissance d'un service jeunesse d'une commune du Val-Maubuée m'amène à échanger avec la responsable de l'association « La Paume de Terre », basée à Lognes. En marge de leur activité, ils développent des sorties de découvertes de la nature et de création artistique à partir de matériaux trouvés dans la nature. Je lui fait remarqué que précisément, il y a peu de nature sur le Val-Maubuée. On ne bénéficie que de deux environnements, d'ailleurs assez cloisonnés, l'un urbain, l'autre fait d'espaces verts récréatifs. Mais d'espaces naturels, il y en a quasiment pas, hormis autour de l'étang de Beaubourg à Croissy-Beaubourg. Nous tombons d'accord pour regretter cet amalgame entre espaces verts aux fonctions de loisirs et espaces naturels, parce qu'au passage, c'est la biodiversité en ville qui en pâtit. Faunes et flores ne peuvent s'épanouir dans une clairière tondue rase tous les mois, au milieu de chemins trop nombreux et éclairés toutes la nuit (pourquoi, d'ailleurs ?)...
Agriculture contre étalement urbain
Autre rencontre, tout aussi intéressante, celle d'un agriculteur de Lieusaint, commune de 10 000 habitants à Sénart. Où j'ai appris qu'il restait plusieurs dizaines d'agriculteurs sur Sénart, qui entendaient bien maintenir leur activité de cultures péri-urbaines, souvent à caractère maraicher, malgré la pression énorme sur le foncier. Mon ami Jean-Marc Brûlé, maire Vert de Cesson, autre commune de Sénart, est parfaitement d'accord pour soutenir cette agriculture, non pas par nostalgie d'un ancien temps rural, mais précisément parce que cultiver des terres autour des villes, c'est une idée très moderne ! Chez nous, à Marne-la-Vallée, une ferme d'une quinzaine d'hectares permettrait d'approvisionner à moindre coût l'ensemble des cantines scolaires ! Quinze hectares, c'est moins que la superficie de la ZAC des Côteaux de la Marne à Torcy, sur laquelle les Verts pressentent que la volonté est faible d'en faire un éco-quartier d'un niveau de qualité environnemental au moins égal à celui du quartier Vauban de Freiburg en Allemagne.
L'agriculture est faîte pour nourrir les hommes, personne ne le contestera. Pourquoi le maintien et le développement d'une agriculture paysanne de proximité, fondée sur les AMAP et le bio, serait une idée absurde aux portes des villes ?
Dès que l'on fait quelques kilomètres en dehors de Marne-la-Vallée, le paysage est monotone, alternant entre zone commerciale vendant des produits importés et cultures intensives destinées à l'exportation.
Absurde, l'écologie ? C'est sans doute pour cela que les écolos, comme sur le Val-d'Europe, combattent l'installation d'un circuit de Formule 1 dans les Yvelynes, à Flins, sur des terrains destinés à l'agriculture biologique qui constituent aujourd'hui le premier captage d'eau potable d'Ile-de-France. Mais là, on n'est plus dans le combat contre l'étalement urbain. On est dans le combat contre des projets absurdes par nature.