Entre 70 et 100 000 personnes ont manifesté dimanche dernier à Washington pour protester contre le projet de réforme du système de santé initié par la présidence de Barack Obama. Si cette manifestation est largement pilotée par la droite dure, elle reflète un mouvement profond de la société américaine à voir se mettre en place un système public d'assurance santé.
Déjà, en 1994, la première administration Clinton avait du battre en retraite sur le même sujet face au blocage orchestré par les conservateurs, majoritaires au Congrès, et se contenter de la mise en place de programmes parcellaires (Medicare et Medicaid) notamment dirigées vers les personnes âgées.
La crainte d'un coût insupportable pour les finances publiques, liée au refus idéologique de voir l'Etat prendre en main un secteur de la vie quotidienne sont les principales motivations des opposants. Alliés aux arguments irrationnels, tel que la peur de voir les médecins euthanasier les malades pour alléger les coûts, cela donne un mouvement de refus puissant, qui s'est illustré dans les rues de la capitale fédérale.
Avec un beau clivage gauche-droite comme celui-là, on pourrait s'attendre à ce que notre belle gauche française soit 100% derrière le président Obama. Il avait fait toute sa campagne sur le thème du changement, et tient promesse.
Mais les mêmes qui expliquaient avant l'élection d'Obama que celui-ci ne serait que le président des réformettes d'accompagnement du système libéral, poursuivent dans la même voie.
Ainsi, dans son éditorial du numéro de septembre du Monde Diplomatique, Serge Halimi met dans le même sac une loi qui permettrait à 47 millions d'américains de bénéficier d'une couverture maladie et Christine Lagarde qui justifie les bonus des traders !
On croît rêver !
Mais de la part de la même gauche qui avait torpillé la Taxe Tobin au Parlement européen au nom de la lutte anti-capitaliste, il n'y a en fait rien de bien étonnant. Peut-être juste quelque chose de désolant.