jeudi 30 avril 2009 |
Par Antoine Parodi,
jeudi 30 avril 2009 à 12:09 - C'est plus complexe qu'en apparence
Le Président de la République a annoncé hier la réalisation d'un métro souterrain de 120 kilomètres en Ile-de-France, et la validation des projets du Conseil Régional en matière de transports publics.
Il faut dire que la nomination de Christian Blanc au Secrétariat d'Etat à la Région Capitale avait entraîné le gel des projets menés par le Conseil régional sur les transports, faute de soutien par l'Etat, notamment financier, puisque tous les projets sont cofinancés.
La première réaction, logique, à la lecture des annonces présidentielles, est de se féliciter du volontarisme politique de Nicolas Sarkozy. On va enfin s'occuper sérieusement des transports en Ile-de-France, et pas avec des demies-mesures : 20 milliards d'euros pour le métro sarkozien, et une quinzaine de milliards pour les projets du Conseil régional, ça a "de la gueule" !

Mais, à y regarder de plus près, les choses ne sont pas si simples.
1. Le plan de Nicolas Sarkozy n'est en aucun cas financé. Dire on va construire un métro à vingt milliards d'euros est une chose, les trouver en est une autre. En la matière, il ne faut pas compter sur les deniers publics, en période d'explosion du déficit public. Reste l'éventualité d'un partenariat public-privé (PPP), dont le principe est le financement d'un équipement public par le privé, lequel se paye sur l'exploitation du service. Problème : toutes les entreprises du BTP et des transports manquent de cash. Qui, dès lors, va payer ce métro rutilant ?
2. Un métro, il dessert quelque chose. Le tracé actuellement évoqué est avant tout fait pour desservir les projets de pôles de compétitivité et les fameux "clusters", vu par la majorité UMP (le PS étant assez en accord, sur ce sujet) comme des éléments vitaux pour permettre à la région Ile-de-France de concurrencer les autres capitales européennes et mondiales en terme d'attractivité. Ces nouveaux pôles étant le prétexte pour contrecarrer la volonté du Schéma directeur élaboré par les élus régionaux, lequel vise à stopper l'étalement urbain, et à bâtir une agglomération plus compacte, donc moins fracturée et moins sujette à des déplacements interminables. Sauf que l'économie-monde va mal, et qu'elle ne répond pas à l'économie qui fait vivre les 12 millions de franciliens. L'économie des pages saumons du Figaro, c'est très bien, mais quid des emplois Verts liés à la conversion écologique de l'économie, à l'isolation des bâtiments, à l'économie sociale et solidaire (déjà 10% des emplois franciliens aujourd'hui), à la protection de l'environnement, au recyclage...?
3. Quand on regarde le tracé, on est au premier abord surpris par la forme, qui ressemble à un huit, et puis, très vite, on s'aperçoit de choses étonnantes. Ainsi, cette ligne nouvelle pour relier Saint-Denis, Le Bourget, Villepinte et Roissy-CDG, ça s'appelle aujourd'hui le RER B ! Certes, le matériel y est fatigué, les lignes mal entretenues, mais l'Etat n'a pas suivi le Conseil régional, qui a du dégagé tout seul près de 500 millions d'euros pour lancer un programme de rénovation de la ligne et du matériel roulant...
Au final, en lisant entre les lignes, on ne peut qu'être déçu du discours de Nicolas Sarkozy. Les représentations de la modernité, du progrès y semblent davantage influencées par les idées des années 1960-1970 que par celles du début des années 2000. Regardez les dessins du projet de métro au dessus du périphérique parisien. Vous serez surpris d'y reconnaître les monorails des villes du futur des comics des années 1960, avec l'architecture toute arrondie des bâtiments.
Enfin, le Grand Paris de Sarkozy est furieusement centralisé. La création d'un poste au gouvernement spécialement dédié aux projets présidentiels pour "la région capitale" (rien que le nom gomme 25 ans de décentralisation !), ainsi que la méthode d'élaboration, sans aucune information et encore mois concertation avec les acteurs politiques, économiques, sociaux de la région, trahissent une vision jacobine extrémiste du pouvoir d'Etat.
Lequel pouvoir dit aux élus de la majorité PS-Vert du Conseil régional : "en attendant de reprendre la région aux élections de l'année prochaine, on accepte de dégeler vos projets, mais on en les financera pas davantage".
Quelle générosité !
Pour compléter :
la carte du tracé du métro-Sarkozy
la carte des projets de la région
la réaction des Verts Ile-de-France
|
|
|
mercredi 15 avril 2009 |
Par Antoine Parodi,
mercredi 15 avril 2009 à 11:30 - C'est plus complexe qu'en apparence
Alternatives Economiques, soutenu par Marianne, a lancé une pétition contre les heures supplémentaires défiscalisées. Sur l'année 2008, le nombre d'heures supplémentaires déclarées a augmenté d'environ 30% par rapport aux chiffres de 2007, pour un total de 40 millions d'heures supplémentaires en plus réalisées chaque trimestre. En pleine récession, alors que l'INSEE vient de publier une note de conjoncture décrivant une situation gravissime (un recul prévu du PIB de 3% sur l'année, soit deux fois plus que la récession de 1993), cette augmentation des heures supplémentaires paraît fantastique.
Ce qui l'est moins, c'est qu'en jouant avec une calculette, on se rend compte que ces heures supplémentaires ont largement joué contre l'emploi, et contre les finances publiques.
Au 4ème trimestre 2008, les quarante millions d'heures supplémentaires en plus réalisées par rapport au même trimestre en 2007 représente l'équivalent de 90 000 emplois à temps plein. Or, dans le même temps, 115 000 emplois ont été supprimés. De là à dire que les heures supplémentaires ont permis aux entreprises de maintenir une activité sans maintenir les emplois, il n'y a qu'un pas...
Alternatives Economiques souligne le caractère contre-productif du dispositif :
Certes, les salariés effectuant des heures supplémentaires gagnent davantage d'argent, et donc sont source de stimulation de l'activité par leurs dépenses. Mais ils le sont au détriment de ceux qui, à cause des mêmes heures supplémentaires, ont perdu leur job, lesquels consomment moins et donc contribuent à réduire l'activité économique. Si l'on prend en compte les effets d'aubaine des employeurs qui, de toute façon, auraient utilisé des heures supplémentaires et profitent donc de leur détaxation non pour augmenter leur production mais pour en réduire le coût, il est clair que le dispositif est devenu très sensiblement contreproductif.
Les 4 milliards d'euros qu'il coûte à la collectivité ne sont certes pas perdus pour tout le monde, mais ils pourraient être tellement mieux utilisés presque n'importe où ailleurs pour lutter contre la crise, qu'il devient quasi criminel de le maintenir. Le contribuable a mieux à faire que de payer pour supprimer des emplois, l'économie a mieux à recevoir que des subventions qui créent du chômage, l'Etat a mieux à dépenser que de creuser des déficits qui accentuent la détresse de beaucoup.
Heureusement, pour se motiver en cette sombre période, il y a le café :
|
|
|
lundi 23 février 2009 |
Par Antoine Parodi,
lundi 23 février 2009 à 11:39 - C'est plus complexe qu'en apparence
Rédigé à partir d'un extrait du rapport d'Anny Poursinoff, Conseillère régionale verte d'Ile-de-France sur l'agriculture biologique :
Gestion de l'eau : l'exemple de la Ville de Munich
La municipalité de Munich a décidé à partir de 1991 d'encourager l'agriculture biologique (AB) sur les 2 250 hectares de terres agricoles situées à proximité des captages d'eau potable afin d'intervenir en amont sur la qualité de l'eau et d'éviter de coûteux traitements.
L'investissement de la commune s'est traduit par un accompagnement technique par le biais des associations pro-AB locales, et par un soutien financier. La municipalité a abondé les aides versées par l'Etat aux producteurs pour honorer leur contribution à la protection de l'eau. L'Etat verse 155 €/hectare/an. La ville de Munich verse 280 €/hectare/an pendant six ans puis 230 €/hectare/an les douzes années suivantes.
La taille moyenne des exploitations étant de 24 hectares, un agriculteur du territoire concerné touche envir. A titre de comparaison, la même ferme en France (15 hectares d'herbes + 9 hectares de cultures) touche environ 3 300 € d'aides par an dans le cadre des mesures agri-environnementales (mesures censées aider l'AB).
Par ailleurs, la ville de Munich a cherché à être un débouché commercial, en devenant le premier client des producteurs biologiques (lait biologique pour les crèches, sandwichs et pains biologiques dans les établissements scolaires...).
Le succès est au rendez-vous, puisque depuis 1991, 83% des 2 250 hectares de terres agricoles visées sont passés en bio. De 23 en 1993, ce sont 107 producteurs qui pratiquent aujourd'hui l'AB.
La qualité de l'eau s'en est fortement améliorée. La concentration de nitrates a diminué de 43% et celle des phytosanitaires de 54% !
Économiquement, la collectivité publique est également gagnante. La politique pro-agriculture biologique coûte environ 750 000 € par an, ce qui correspond à environ 1 centime d'€/m3 d'eau distribuée. Le coût équivalent de la dénitrification est estimé en France à environ 27 centimes d'€ le m3.
C'est sans doute ce qui amène les promoteurs du projet de circuit de Formule 1 à vouloir l'installer sur une zone de capatge d'eau potable dans les Yvelynes, en lieu et place d'un projet d'implantation d'agriculture biologique. Au moins, quand on verra la dégradation de la qualité de l'eau, on ne pourra pas accuser l'agriculture productiviste intensive !
|
|
|
mercredi 18 février 2009 |
Par Antoine Parodi,
mercredi 18 février 2009 à 13:51 - C'est plus complexe qu'en apparence
Je suis en train de lire le rapport rédigé par Anny Poursinoff, Conseillère régionale Verte des Yvelynes, sur le développement de l'agriculture biologique en Ile-de-France. Ce rapport est passionnant, parce qu'il présente de manière détaillée la complexité du sujet. J'inaugure une série de billet sur ce sujet.
Le Grenelle de l'Environnement avait émis deux objectifs pour satisfaire les attentes environnementales de la société en matière d'agriculture biologique (AB). Le premier prévoyait le triplement des surfaces certifiées en AB, de 2 à 6% de la surface agricole utile en cinq ans, et à 20% en 2020. Le second concernait les cantines scolaires, avec un taux de 20 de produits biologiques dans la restauration collective.
Il est plus que probable que ces deux objectifs ne seront pas atteints. Pour ce qui est des cantines, le surcoût occasionné par un recours partiel aux produits bio est trop élevé par rapport aux coûts standards, alors que le passage au 100% bio avec recours quasi-total à des producteurs locaux permet de maintenir les coûts aux niveaux actuels.
Pour ce qui est du triplement des surfaces, on en est loin ! Les surfaces certifiées AB ont augmenté en France de 0,8% entre 2006 et 2007, alors que le marché explose, avec des croissances de 10% annuelles (et même 15% en 2007). Il n'y a donc pas de problème de rentabilité de l'AB pour les années à venir. On est sorti de l'époque où les produits bio relevaient d'une consommation ultra-confidentielle.
Le rapport prend l'exemple de la Coopérative Biocoop, qui compte aujourd'hui plus de 300 magasins indépendants, qui représentent 13% du marché bio français. Il n'y a pas de problème de demande : la plate-forme logistique ouverte en Ile-de-France en 2007 sera insuffisante pour répondre à la croissance du groupe d'ici 2010 ! Le problème vient de l'offre de produits : l'entreprise consommerait l'équivalent de 90 000 hectares de production AB. "L'approvisionnement de ses nouveaux magasins en 2008 Biocoop ouvre un magasin tous les huit jours ! représente 15 000 hectares supplémentaires, et le besoin à l'horizon 2012 avec une activité multipliée par 2,5 sera de 225 000 hectares, soit 40% de la production bio actuelle en France !"
Autrement dit, faute d'action politique forte depuis 2002, un secteur économique va connaître un engorgement, et les filières d'approvisionnements vont devoir s'approvisionner encore davantage chez nos voisins, Allemands, Autrichiens, Italiens, Espagnols, qui connaissent une envolée de leurs surfaces bio.
Entre 1997 et 2002, en Ile-de-France, il y a eu 5 000 hectares en conversion vers le bio, et la superficie totale de l'AB est passée de moins de 500 hectares en 1997 à 3 500 en 2002. Un rythme important mais déjà insuffisant pour assurer un approvisionnement sûr pour les années futures. Que dire alors de la tendance depuis 2002 ! Les surfaces en bio ont augmenté d'environ 500 hectares seulement, et les surfaces en conversion oscillent entre 200 et 400 hectares par an !
|
|
|
lundi 9 février 2009 |
Par Antoine Parodi,
lundi 9 février 2009 à 20:14 - C'est plus complexe qu'en apparence
Mercredi dernier, je devais me rendre à Paris pour 10h00.
Pas de problème, je saute dans le premier RER à Noisiel à 9h20. Le reste n'aurait du être que du gâteau. Sauf qu'un voyageur a raté la marche en sortant de la rame à Val-de-Fontenay et est resté inconscient pendant 15 minutes. Au final, le temps d'attendre à quai les secours, mon train reste bloqué plus de 30 minutes !
En début d'après-midi, la Gare du Nord résonne d'un message qui se répète : un incident de signalisation s'est produit à Magenta, tous les trains partent de Gare de l'Est. En descendant récupérer le RER B en sous-sol, les panneaux d'affichage clignotent en jaune. Un incident électrique condamne les trains à des retards d'un quart d'heure.
Sale temps pour le voyageur francilien. Qui se rassure comme il peut en pensant aux 2 à 300 kilomètres d'embouteillages quotidiens qu'affrontent "les autres", ceux qui utilisent leur véhicule personnel...

Mon propos, augmenté de "oh là là" et de yeux larmoyants, pourrait s'échouer dans de l'anecdotique absolu et relever du bavassage de comptoir.
Mais, derrière ma "sale journée", il y a le réseau de transports publics franciliens, que le Libé du jour qualifie "d'ultra-fatigué", en évoquant les projets de Christian Blanc pour la région Ile-de-France. En gros, on balaye les millions d'euros d'étude financés par l'Etat, le Conseil Régional, les Conseils généraux, la RATP et la SNCF, et on fait des traits de crayons sur la carte.
Le groupe Vert au Conseil régional chiffre à près de 15 milliards d'euros les besoins en investissement dans la région sur les dix prochaines années, rien que pour réaliser les projets figurant dans le SDRIF (le schéma directeur de la région Ile-de-France). Que croyez-vous que le gouvernement financera de manière prioritaire dans les prochaines années ? Les traits de Christian Blanc, ou les projets issus d'une concertation régionale et pilotés par un exécutif régional rouge-vert ?
Pendant ce temps, en région Picardie, le Vice-président Vert aux finances rappelle opportunément le lien entre le niveau historique que cette région a investi pour les transports publics et leur fréquentation. Après plusieurs de rattrapage, l'âge moyen du parc de train à diminué, et 9 trains sur 10 arrivent à l'heure. Le nombre de voyageurs a augmenté de 8% en 2006, de 5% en 2007 et à nouveau en 2008.
Les voyageurs franciliens seront-ils victimes de la lutte terrible qui se joue entre l'Etat-UMP et la région ?
Malheureusement, nous ne le saurons que dans lesprochains mois, quand Christian Blanc commentera un diaporama avec tous ses beaux projets. Elaborés en secret dans ses bureaux. Mais au financement bien plus certain...
|
|
|
lundi 1 décembre 2008 |
Par Antoine Parodi,
lundi 1 décembre 2008 à 16:04 - C'est plus complexe qu'en apparence
La France, c'est encore plus communiste que la Chine !
Je discute samedi avec l'un de mes clients, qui est Chinois, mais travaille en France depuis plusieurs années. Je pose beaucoup de questions sur les écarts de niveau de vie entre villes et à l'intérieur même des villes. Il m'explique qu'un ingénieur chinois pourra gagner presque autant qu'en France dans de grandes villes comme Beijing ou Shangaï, mais que le coût du logement est tellement plus faible qu'il vivra mieux (il évoque un rapport de 1 à 4 entre France et Chine). Et là, il ajoute, l'air narquois, que « la France est un pays plus communiste que la Chine, parce qu'ici il y a la Sécurité sociale » ! En Chine, les dépenses de santé ne sont absolument pas socialisées. Plus communiste, la France ? Ça va faire plaisir à Nicolas Sarkozy de l'apprendre ! Je repensais à cette phrase samedi, en sortant de la pharmacie. Les quelques médicaments que je venais de m'acheter ne m'avaient rien coûté directement : dans quel pays on peut ne rien débourser pour se soigner ?
La conversation s'est terminée après sa remarque sur le nombre de grèves en France, important selon lui. Je lui fait remarquer que celà ne signifie pas qu'il n'y ait pas de problèmes en Chine (comprenez du point de vue social et démocratique). Il baisse les yeux, et passe à autre chose. Instinct étonnant et stupide : je regarde derrière nous pour voir si l'on est suivi !
Secrétariat départemental
J'ai été élu vendredi soir dernier nouveau secrétaire départemental des Verts de Seine-et-Marne lors de l'Assemblée générale du département.
Je remercie évidemment tous ceux qui m'ont soutenu (100% des exprimés tout de même !). Et j'espère que le nouveau bureau départemental que je vais animer désormais arrivera à mettre en œuvre l'ambitieux programme que nous nous sommes fixé...
Une chose est certaine : la volonté, l'enthousiasme et la conviction sont bien présents !
Maman, pourquoi les riches ils donneraient pas de l'argent aux pauvres ?
Hier, en promenant mon chien autour du bois du Luzard, je suis tombé sur un panneau d'affichage libre où avait été collée une affiche du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), pour faire la pub de leur meeting récent à Noisiel.
En lettre rouge sur fond blanc : « Salariés, licenciés, précaires : 300 euros net par mois en plus ! »
300 euros nets en plus par mois ? Pour une personne à plein temps au SMIC, ça représente une hausse de salaire de 25% environ !
Alors, chers amis du NPA, j'ai quelques questions à ce sujet :
Pourquoi 300 euros, et pas 250 ou 350 ? Cette somme a été déterminée par quoi ? Une liste de courses standard dans un grand hypermarché ? Le coût de l'achat mensuel d'un véhicule à motorisation hybride ?
Cet argent, il vient d'où ? Du budget de l'Etat ? Des entreprises ? Il y a environ 23 millions de salariés en France. Soit une dépense supplémentaire annuelle de près de 83 milliards d'euros ! Si c'est l'Etat qui paye, son budget devra augmenter de 25%. La suppression des dépenses militaires (37 milliards par an) n'y suffiraient pas. Et le doublement des impôts sur les entreprises, à considérer que ce soit possible et souhaitable, ne couvriraient que la moitié de la dépense supplémentaire.
Est-on certain que ce soit uniquement d'argent en plus dont on besoin les salariés en France ? Pour les bas salaires, à commencer par les personnes à temps partiel, c'est certain. Pour les classes moyennes autour du revenu médian, sans doute. Mais, au fond, ne vaut-il pas mieux réduire la dépendance aux dépenses inutiles ? Par exemple, ne vaut-il pas mieux rénover les HLM les plus vétustes, ceux chauffés à l'électricité, pour réduire drastiquement voire supprimer les dépenses de chauffage. Ces 150 ou 200 euros mensuels non dépensés, non seulement ils sont créateurs d'emplois mais protecteurs pour la planète. Et ils sont finançables sur les économies réalisées.
Le slogan est sympa. Du fric en plus pour tous le monde, cela peut paraître séduisant si on lit vite. Mais, quand on prend cinq minutes pour réfléchir aux implications d'une telle proposition, on s'aperçoit vite qu'il est bien plus facile de tirer une affiche monochrome, de la coller sur tous les panneaux de France, que de proposer un programme d'action cohérent, argumenté, chiffré. Crédible en somme.
Mais Olivier passe bien à l'écran. Ça compte bien plus que des phrases en l'air !
Jean-Marc fait une analyse similaire ici.
|
|
|
vendredi 31 octobre 2008 |
Par Antoine Parodi,
vendredi 31 octobre 2008 à 17:00 - C'est plus complexe qu'en apparence
L'information est finalement passée relativement inaperçue, mais le Parti socialiste a donné un signe clair de son orientation, en votant pour la loi Grenelle I.
Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le PS pratique une opposition systématique sur tous les grands sujets débattu au Parlement.
Ainsi, avec la réforme constitutionnelle. Le PS a voté contre, espérant bloquer le texte, alors même que ce dernier apportait de nombreuses modifications demandées par les socialistes durant la campagne électorale.
Dernièrement, on a noté que le PS a refusé de voter « pour » le sauvetage du système bancaire français, non pas parce qu'il aurait été opposé à l'injection d'argent dans les banques, mais parce qu'il ne fallait pas donner un blanc-seing à la politique de l'UMP qui ne change pas. Position honorable au demeurant.
Mais, avec la loi Grenelle I, le PS change de stratégie et surprend tout le monde en votant pour. Le communiqué officiel parle d'un « oui, mais ».
Je trouve ce choix incohérent et révélateur.
Incohérent, parce qu'il entre en rupture avec la ligne de conduite du PS depuis un an et demi, sans que cela ait été réellement visible pour l'opinion. Au fond, l'argumentation utilisée lors du débat sur le plan de sauvetage bancaire aurait pu être copié-collé lors du débat sur le Grenelle : l'écart entre les mots et les faits, les reculs nombreux de l'UMP entre les engagements du Grenelle de l'an dernier et les textes soumis au vote pouvaient largement justifier, a minima, une abstention.
Allons plus loin. Ce « oui, mais » est révélateur de la considération réelle des socialistes pour les sujets fondamentaux de notre siècle : les questions écologiques ne sont pas considérées comme suffisamment clivantes pour mériter une prise de position distanciée par rapport au discours de l'UMP.
La réforme constitutionnelle ou le plan bancaire sont des sujets tout de même plus nobles pour refuser de pactiser avec la droite ! L'environnement, c'est déjà moins intéressant.
On pourrait même penser que les socialistes sont d'accord avec les reculs de l'UMP. L'absence du nucléaire du projet de loi, les reculs sur le développement du réseau routier, sur la limitation des pesticides, sur les normes écologiques dans les logements neufs et rénovés, étaient autant de motifs justifiés pour dire « non, même si », plutôt que « oui, mais ».
Et si la loi Grenelle était la seule loi que le PS aura voté avec l'UMP de toute la mandature ? Cela nous rappelera avec nostalgie et tristesse le mot d'ordre « On ne fera pas d'écologie sans les écologistes » lancé par les Verts durant la campagne présidentielle de 2007...
|
|
|
mercredi 15 octobre 2008 |
Par Antoine Parodi,
mercredi 15 octobre 2008 à 22:13 - C'est plus complexe qu'en apparence
Si vous avez lu quelques articles relatifs au Mondial de l'Automobile, qui se tient jusque dimanche à Paris, vous n'avez pas pu échapper au marronnier de cette année, la "voiture propre".
On a ça :

"Dodge ZEO Concept
Supercar électrique, le concept car Dodge ZEO (pour Zero Emissions Operation) cumule les superlatifs. Développant près de 270 chevaux, il est capable de parcourir jusqu’à 400 km, il abat le 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes et avoue une vitesse de pointe politiquement incorrecte de 400 km/h. Le style est à l’avenant avec des passages de roue aux excroissances frisant la caricature et quatre portes en élytres à ouverture antagonistes."
Ou bien ça :

"MITSUBISHI I MIEV
Dans le cadre de son programme environnement, la fi rme japonaise expose la dernière évolution de la i MIEV, une citadine électrique de 3,39 m. Ce véhicule zéro émission dont le lancement est prévu en 2009 au Japon dispose d’un moteur électrique compact alimenté par des batteries lithium-ion qui se rechargent complètement sur le secteur en 7 heures. La vitesse de pointe est de 130 km et l’autonomie de l’ordre de 160 km."
Entendez par "propre", qui ne produit pas ou quasiment pas de CO2 en fonctionnant. Ce qui est déjà pas si mal, comparé aux moyennes des véhicules européens neufs lancés ces derniers mois (environ 7 à 8 litres au 100km). Mais mon esprit d'écologiste contrariant ne peut s'empêcher de penser immédiatement qu'une production instanée avec zéro carbone ne signifie nullement un bilan carbone global nul, sur l'ensemble de cycle de vie du produit.
On touche là la véritable impasse des théories sur la croissance verte et le développement durable. Parce qu'un produit comme une voiture, c'est intrinsèquement un bien anti-écologiste, quel que soit son mode de production. Une voiture nécessite un moteur pour une personne, n'est en mouvement que 5% de son temps de vie (le reste est du stationnement), requiert un réseau couteux en construction et en entretien (ce dernier poste occasionne près d'1 milliard d'euros de dépenses des collectivités locales chaque année !), utilise beaucoup de matières premières pour sa fabrication, sa commercialisation, son transport, son entretien, consomme une quantité énorme d'espace (les surfaces des routes du Val-Maubuée représente un peu moins de 10% de la surface des six communes de l'agglomération !).
Et puis, il y a le problème des batteries. On trouve encore peu de références sur le sujet, mais deux théories semblent s'opposer. D'un côté, les béats du lithium, qui explique que le lithium, principal composant des batteries (de portables, d'ordinateurs, de voitures électriques...), existe en abondance sur la planète, y compris dans les océans, et qu'il n'y donc pas de problème de rareté de la matière première. De l'autre, les lithium-sceptiques, qui rappellent que la production annuelle de lithium est déjà insuffisante pour faire face à la demande, ce qui a provoqué une multiplication par dix du prix du matériau depuis 2000.
Je passe bien sûr sur le problème douloureux de l'alimentation de ces superbes véhicules propres, je l'ai déjà traité ici.
Tout ça pour dire que les "voitures propres" restent sans réponse quand on cherche à creuser un peu le sujet, et à aborder en profondeur les graves questions de l'énergie, des déplacements, de la civilisation automobile.
Au moins, ça fait de jolies photos.
|
|
|
jeudi 3 juillet 2008 |
Par Antoine Parodi,
jeudi 3 juillet 2008 à 10:32 - C'est plus complexe qu'en apparence
Christian Blanc, vous connaissez ? Présidents de différentes entreprises publiques, privées, engagé en politique, plutôt à droite, sans être ultra-conservateur. Un vrai mec, quoi !
Et sympa, en plus. Il a accepté de rendre service au président de la République en acceptant de tout faire pour bousiller le SDRIF écolo élaboré par la région Ile-de-France sous l'influence des Verts de devenir secrétaire d'Etat à la Région Capitale.
Un vrai gentleman cambrioleur, donc.
Et marrant, avec ça ! En effet, Christian a expliqué aux élus franciliens que "dans quinze ans, toutes les voitures seraient électriques"!
JEU : Selon vous, Christian Blanc a t-il essayé d'envisager la réalité de ce qu'il affirme ?
Petit calcul de coin de table pour tenter de répondre à la question.
Une Citroën Saxo electrique consomme une trentaine de kwh au 100 km, quand une diesel tourne à six litres.
Un véhicule, en moyenne, en France, parcoure 14 000 km par an. Soit, à 30 Kwh/100 km, une consommation annuelle de 4 200 kwh.
Il y a 35 millions de voitures en France. Soit, avec 100% de véhicules électriques, une consommation totale de près de 150 000 000 de Mwh !
1 réacteur nucléaire (Christian Blanc est pour développer le nucléaire) moyen produit chaque année 7 000 000 de Mwh. Du coup, pour alimenter nos 35 millions de voitures particulières, il va falloir construire 21 réacteur qui ne serviront qu'à alimenter les voitures. A 2 ou 3 milliards d'euros le réacteur, il va falloir trouver une bonne cinquantaine de milliards d'euros d'ici quinze ans !
Sans compter le fait que les ressources d'uranium ne sont pas inépuisables (la production commence d'ailleurs à être tendue au point que le prix de l'uranium a augmenté plus vite que celui du pétrole depuis 2000), qu'il faudrait savoir où construire ces nouveaux réacteurs (dans le jardin de Christian Blanc probablement). Sans compter non plus que trouver autant d'argent public relève de la gageure absolue. sans compter enfin qu'on oubliera pour les besoins de l'exercice le fait qu'une voiture produit une tonne de déchets lors de sa production, et est constituée de matériaux eux-mêmes de plus en plus rares (certains consturcteurs s'apprètent à répercuter sur les prix de vente la hausse du coût des matières premières). Sans compter qu'une voiture, même électrique, prend autant de place qu'une voiture à essence, et restera tout autant immobile 95% du temps. Broutilles !
Christian Blanc est un type vraiment sympa, vraiment cool, in, bien dans son époque. Celle des temps (heureux ?) où l'on pouvait faire semblant de croire qu'une planète finie n'avait pas de limite, où l'idéal keynedien de la Nouvelle Frontière (slogan de la campagne Lecanuet de 1965) permettait d'imaginer une planète où l'on pourrait consommer toujours plus.
Cette époque là est terminée. La transition avec celle de la rareté commence sous nos yeux incrédules.
On doit bien rigoler au Conseil des Ministres. Je n'ose imaginer le niveau des blagues du G7, le groupe des chouchous de Sarkozy.
|
|
|
mardi 24 juin 2008 |
Par Antoine Parodi,
mardi 24 juin 2008 à 17:59 - C'est plus complexe qu'en apparence
Il y a parfois des logiques qui nous échappent. Les annonces de la majorité UMP-Paris Match se succèdent jour après jour, et si l'on perçoit très clairement l'idée qui les relie, on ne comprend pas très bien en quoi certaines réformes vont réellement améliorer les choses.
La branche maladie de la Sécurité sociale est en déficit ? Alors on multiplie des déremboursements, on installe des franchises. L'usager devra payer plus pour être soigné plus.
L'annonce, immédiatement suivie d'un démenti, des baisses de couverture sur les maladies longues provoque à juste titre un tollé. Pourtant, sur le plan strictement comptable, l'idée est pertinente. En effet, le fameux trou de la sécu est provoqué principalement par deux phénomènes.
D'une part, la surconsommation de médicaments. Si les Français consommaient autant de médicaments par habitant que les Suèdois, la branche maladie serait en quasi-équillibre. Nous sommes complètement addict de pillules, et la croissance récente de la part des génériques dans les ventes compense à peine l'arrivée sur le marché de molécules à peine améliorées, mais bien plus chères.
D'autre part, l'augmentation du nombre, de la gravité et de la longueur des pathologies lourdes (cancers, maladies dégénératives, maladies cardio-vasculaires, affections des systèmes nerveux...), dont la prise en charge est évidemment très coûteuse.
Face à ces deux phénomènes, quelles sont les réponses des politiques publiques ? Hormis le désormais célèbre "les antibiotiques, c'est pas automatique", la réponse se base uniquement sur le niveau et le caractère systématique des remboursements. C'est un peu comme si, pour faire face à l'engorgement des transports publics en Ile-de-France, on augmentait les prix des billets en espérant que moins de gens veuillent utiliser le réseau !
Les écologistes proposent une autre logique, pendant que les partis de gauche tradionnelle s'arqueboutent sur l'antienne du "touche pas à mes remboursements". La véritable question n'est pas celle du niveau des prises en charge de la sécurité sociale. La véritable question, c'est de faire en sorte que les pathologies reculent. On sait, rapport après rapport, malgré les manipulations de l'Académie de Médecine, que les atteintes à l'environnement et la toxicité dans laquelle on vit (des additifs alimentaires aux pesticides, en passant par les produits cancérigènes et allergènes dans les produits de beauté, d'entretien, dans les peintures, les meubles et même les vêtements, sans oublier la surconsommation de produits comprenant du lait de vache et du gluten...) sont la source de très nombreuses maladies. Un seul exemple, celui de la montée de l'asthme (j'en sais quelque chose) et de toutes les atteintes du système immunitaire qui provoquent allergies et dérèglements hormonaux.
Un environnement sain et des modes de consommation sains permettent de couper court au débat déficit/remboursements. Oui à un système de santé qui garantisse à tous l'accès au soin, y compris pour les plus démunis. Mais non à la fuite en avant qui consiste à fermer les yeux sur les causes réelles de l'envolée des dépenses de soins.
|
|
|
|
Calendrier
« avril 2009| lun | mar | mer | jeu | ven | sam | dim |
| | | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | | | |
|
|
|
|
|
|
Liens
| |
Blogs VertsAutres horizons politiquesMédias locauxMarne-la-ValléeLes VertsDans le civil |
| |
|
|
|
|
|
|